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Brève introduction au droit immobilier en Israël (suite)

Le contrat préalable, le rédacteur du contrat et les étapes préliminaires du contrat.


1) L'agent immobilier:
L'acquéreur potentiel s'adresse directement au vendeur ou fait la connaissance du vendeur par l'entremise d'un agent immobilier. Le statut de l'agent immobilier est réglementé par la loi, laquelle l'oblige à détenir une autorisation d'exercer.
De plus la loi israélienne oblige désormais à la rédaction d'un bref mandat à l'attention de l'agent immobilier. Il est important que le mandat remis à l'agent immobilier soit rédigé dans la langue parlée par l'acheteur pour éviter toute incompréhension pouvant mener a un différend.
Il est essentiel de préciser le bien visite (éviter de laisser des "blancs" dans le mandat), ainsi que la commission d'agence qui doit être mentionnée précisement. En cas de vente s'il est donne une exclusivité à l'agent immobilier, celle- ci doit être limitée dans le temps. Le rôle de l'agent immobilier est ici, comme en France, de faire rencontrer les parties et d'arriver à un accord verbal sur le bien vendu, le prix, les conditions etc. L'agent immobilier n'a pas le droit d'établir des contrats, fussent-ils préalables (tel que protocoles, promesses, sous seing privé).
Il est d'ailleurs à déconseiller la rédaction de tout document écrit car l'expérience prouve que tout contrat ou promesse établi par un non professionnel engendre par la suite des difficultés d'interprétation et d'exécution et plus de procès naissent de promesses préalables signées hâtivement que de contrats définitifs.

2) Le contrat préalable:
Il arrive cependant parfois que la signature d'un contrat préalable soit nécessaire. En ce cas ce contrat préalable (Zihron dvarim) doit être établi par les avocats des parties, lesquels décideront de l'utilité d'un pareil contrat. Il faut préciser que ce contrat préalable est juridiquement parlant un contrat qui engage ses signataires. Ainsi, un candidat acquéreur qui aurait signe un protocole, se trouverait engage et donc oblige d'acheter ou de payer des dommages et intérêts en cas de rupture. En matière de vente, le contrat va déterminer les volontés respectives des parties. Les parties en présence ou sans la présence d'un agent immobilier, se mettent d'accord sur l'objet de la vente, son prix et les conditions de paiement.

3) Le rédacteur (l'avocat):
Les parties s'adressent a leur(s) avocat(s) qui va rédiger le contrat. En droit israélien, le rédacteur d'un contrat ne peut être qu'avocat. Il existe en Israël des notaires qui n'ont pas compétence exclusive en matière immobilière (comme c'est le cas en France, en Belgique.) et donc un avocat même s'il n'est pas notaire, à compétence pour rédiger les contrats. Le fait qu'un avocat soit notaire ne donne pas nécessairement plus de garanties a l'acquéreur.
Les parties peuvent choisir un seul et même avocat mais la chose est a déconseiller et il est beaucoup plus prudent que chaque partie soit representée par son conseil. Dans le cas de l'achat d'un appartement neuf, il arrive que le constructeur impose son avocat à qui l'acquéreur doit régler des honoraires.
L'acquéreur peut alors se dispenser du choix d'un conseil mais ceci est de mon point de vue, une grave erreur. L'avocat du constructeur défend bien évidemment les intérêts de son client, alors que le contrat d'achat chez un constructeur est plus difficile a mettre au point que celui d'un achat en deuxième main.
Il est à conseiller à tout acheteur d'un appartement en construction de prendre son avocat, même si cela l'oblige à une dépense supplémentaire. L'avocat avant d'être le rédacteur du contrat, vérifie la "faisabilité" de l'affaire. Il vérifie entre autre:
- si le bien vendu est inscrit aux hypothèques (appellé communément en Israël "Tabou") ou selon une autre procédure d'inscription (Minhal - Domaine) (Hevra Mechakenete - Société privée d'inscription) (voir notre article précédent) ;
- si le bien est libre de toutes inscriptions qui peuvent en limiter la transmission (prêt, saisie, prénotation) ;
- il vérifie tous les aspects fiscaux de la transaction à faire, lesquels sont d'une extrême importance compte tenu de la fiscalité israélienne ;
- Il vérifie si le bien n'a pas fait l'objet de constructions illégales ;
- Il vérifie les dettes éventuelles.
A la suite de quoi le conseil rédige ou corrige le contrat lequel est généralement établi par l'avocat du vendeur. Cette dernière remarque n'est pas une règle obligatoire mais elle est communément appliquée. L'avocat de l'acquéreur vérifie et corrige le contrat et prend soin d'y introduire toutes les précautions et notamment le séquestre de fonds pour garantir l'obtention des documents indispensables à l'inscription du bien aux hypothèques.
Si, en France ou en Belgique, le notaire reçoit le prix de vente et le libère au vendeur après inscription, en Israël les fonds sont immédiatement libérés au vendeur, ce qui fait que si des fonds en quantité suffisante ne sont pas séquestres, l'acheteur risque de faire une affaire périlleuse. En effet, l'inscription peut devenir difficile voire impossible si le vendeur ne remet pas à l'acquéreur les documents nécessaires ou s'il n'a pas réglé ses dettes et en particulier les impôts liés aux transactions immobilières. Ce problème peut être catastrophique.
Les impôts ne réclameront pas directement à l'acheteur de payer les dettes du vendeur mais refuseront de remettre les documents et attestations nécessaires à l'inscription du bien rendant ainsi l'acquéreur "garant" des dettes de son vendeur et l'obligeant par la même à les payer à sa place, s'il veut que le bien soit inscrit à son nom.

La loi est ainsi faite. Beaucoup souhaiteraient une réforme mais celle ci n'apparaît pas à l'horizon. C'est dire que la plus grande prudence s'impose et en fait celui qui détient des fonds en séquestre garantit de la meilleure manière ses droits futurs.

JEAN CHARLES CHALOM BENICHOU
Avocat et Notaire Email : avocat@zahav.net.il
Tél : 00.972.9.98622060
5 rue Herzl Nathania


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